Benoît Schwartz

Ma musique est faites de phrases, de mots, de césures, de répétitions, d'ellipses, de silences, de vibrations mentales, nasales, gutturales, d'inflexions, de suspends, de protases et d'apodoses. Ma musique est la langue...
J'ai longtemps travaillé avec ce seul instrument de ma voie, craignant La musique.... elle était si puissante, elle allait dérober à ma langue sa musique profonde, la reléguant comme si souvent a un simple vecteur de sens.
Dès l'écriture du spectacle "Babil, l'être père" j'entendais pourtant derrière les mots la nécessité d'une flûte comme l'écho lointain du souffle paternel.
Mais il me fallait rencontrer le musicien (dont la langue est musique) comme un autre diseur et qu'il me considère comme un autre instrumentiste J'appréhendais la rencontre avec Jean Luc Thomas. La complicité, la fraternisation de ces deux arts était-elle tout simplement possible sans que l'un mange l'autre? La rencontre se fit lors d'un concert de KEJ, je regardais Jean-Luc et sa façon de se servir de sa flûte comme un prolongement organique de son souffle. La liberté qu'il prenait, la folie, la fantaisie, l'envie de chercher qui se dégageaient du plateau, me disaient que je ne m'étais pas trompé. La rencontre avait du sens, j'en étais convaincu. Puis ce fut une lecture du texte dans un grenier, des échanges sur le fond, sur la méthode.., il me parlait de musique masculine, féminine, d'une grammaire musicale qui me semblait celle d'un langage connu. Conscient que nous étions deux bavards et qu'il fallait trouver le dialogue à une, et l'harmonie à deux voix flûte et langue! Babil devenait bilingue.
Ensuite ce ne fut que du travail, comme deux comédiens travaillent, comme deux musiciens travaillent : essayant, testant, corrigeant, proposant.... l'essentiel était là.
It look's like you don't have Adobe Flash Player installed. Get it now.
It look's like you don't have Adobe Flash Player installed. Get it now.